Association française d'audiodescription (AFA)

L’accessibilité au congrès annuel de la Fédération Nationale des Exploitants de Cinéma (FNCF)

Posted on: 7 octobre 2012

Photo du Congrès 2012 de la FNCF à Deauville - source : cnc.frEric Taquet, co-fondateur avec Vincent Habart de l’Association Canopée, nous adresse un compte-rendu de sa participation au 67ème congrès de la FNCF qui se tenait à Deauville du 1er au 4 octobre 2012.  Le 2 octobre était en particulier programmée une table ronde sur le thème « Handicap & Cinéma ». À ce congrès participaient également un grand nombre de constructeurs, distributeurs, installateurs, éditeurs de presse, etc. 

«Tout d’abord : avant et après la table-ronde :

1— vous le savez, dans ce genre d’événement, ce qui en fait le principal intérêt, ce sont souvent les contacts que l’on échange, les réseaux que l’on consolide, en particulier pour Canopée avec des associations, des producteurs, des installateurs, des constructeurs de matériel et des éditeurs de presse. Je n’y ai donc pas manqué et en ai profité pour bien faire connaître Canopée et son projet.

2— en ce qui concerne les constructeurs de matériel pour l’accessibilité sensorielle des cinémas : deux constructeurs s’affrontent sur ce marché d’environ 5000 salles de cinéma en France : Dorémi (américain) et Sennheiser (allemand). J’ai pu, et pas seulement ce jour là, évaluer avec mon associé l’ingénieur Vincent HABART, les caractéristiques et fonctionnalités des deux types de matériels (évidemment incompatibles pour le moment). Notre conviction est faite en termes techniques et en termes de fonctionnalités au regard de la loi de 2005 sur le handicap. Mais il faut également admettre que sur le plan financier l’un des constructeurs est plus économique que l’autre ; le plus économique étant bien sûr le moins bon en termes de fonctionnalités, de performances et de respect des préconisations ! Plus d’infos sur demande !

La table-ronde : pour ne pas courir le risque d’oublier quelqu’un, je ne citerai pas les personnes présentes au podium de cette table-ronde (je n’ai pas réussi à prendre de notes et le site internet de la FNCF n’a pas encore publié cette information) ; mais en résumé il y avait là quelques représentants de grosses associations ou fédérations nationales de ou pour les personnes en situation de handicap, et divers représentants du monde du cinéma.

Ce que j’en ai retenu :

3— un petit rappel de la loi de 2005 sur le handicap a été présenté par Marc-Olivier SEBBAG, en particulier la teneur de l’article 41 qui modifie l’article 111.7 du code de la construction, en y ajoutant le sous-article 111.7.3 qui nous concerne particulièrement en tant que déficients sensoriels. Je le connais bien, mais apparemment pas tout le monde ! L’échéance de cette mise en conformité a été rappelée : le 1er janvier 2015 (autant dire demain vu le travail qu’il reste à faire !)

4— une partie importante de ces 2h30 d’échanges a été occupée par l’accessibilité du bâti (pour les PMR, personnes à mobilité réduite) et en particulier sur les différentes dérogations possibles face aux difficultés de cette mise en conformité dans certains cinémas

5— en revanche, il a été dit clairement qu’il ne pourrait y avoir de dérogations pour la mise en conformité de l’accessibilité sensorielle, qui implique beaucoup moins de contraintes ! Et cette accessibilité sensorielle peut être traitée indépendamment de l’accessibilité du bâti !

5bis— il ressort du point précédent, et cela a été dit clairement : dans un multiplexe, TOUTES les salles numériques devront offrir l’accessibilité sensorielle ! Il a même été dit qu’il fallait dissuader les exploitants de cinéma de n’équiper qu’une partie de leurs salles et de débrancher et rebrancher les équipements techniques d’une cabine de projection vers une autre car ces matériels ne supporteront pas longtemps d’être débranchés et retranchés de façon intempestive ; d’autant que cela peut nécessiter des modifications techniques dans le plan de fréquences allouées aux salles !

6— monsieur Olivier HILAIRE est venu présenter un résumé de son rapport sur l’accessibilité sensorielle, commandé par la FNCF et disponible en intégralité sur le site de cette fédération. Comme a son habitude, monsieur Hilaire a été très clair et a bien cadré les différents grands types de pathologies sensorielles et les solutions qui pouvaient y être apportées ; il a également rappelé le rôle des piste 7 et 8 des films numériques, ainsi que des fichiers de sous-titrage spécifiques pour les sourds (STM), mais sans trop entrer dans la technique.

7— il a été rappelé bien évidemment que c’est l’émergence du cinéma numérique dès 2010-2011 qui va permettre une mise en place plus simple, économique et rapide de l’accessibilité sensorielle au cinéma ! C’est une évidence pour beaucoup mais qu’il était bon de rappeler pour expliquer en partie le retard de la mise en accessibilité face à la loi de 2005 !

8— un point a été évoqué, et qui passe souvent sous silence par méconnaissance du monde du handicap sensoriel : l’accessibilité commence dès l’arrivée à la caisse, puis la prise en charge éventuelle par le personnel d’accueil ou de sécurité, puis, évidemment l’accessibilité du film, et enfin l’accessibilité des éventuels débats avant ou après le film (pensons aux avant-premières ou encore aux débats thématiques après le film), qui ne sont quasiment jamais accessibles aux déficients auditifs ; c’est un point dont Canopée se fait un cheval de bataille pour que l’accessibilité prenne toute sa vraie dimension.

9— un petit mot des associations représentant justement les déficients auditifs qui « ne se sont pas fait beaucoup entendre », si je peux me permettre ce jeu de mots. Et pourtant, c’est une représentante de l’une de ces associations (dont j’ai oublié pour l’instant le patronyme) qui a soulevé le rôle important des associations locales ou nationales à représentation locale, dans les réseaux de communication à mettre en place entre un cinéma accessible et les spectateurs spécifiques concernés !!! Là aussi, une position qui conforte l’un des objectifs de Canopée : tout le monde doit participer à cet effort vers l’accessibilité. Et c’est sans compter le rôle d’incitation que peuvent jouer ces associations pour convaincre les exploitants de cinéma de s’équiper sans attendre 2015.

10— en terme de communication : deux niveaux d’information entrent en jeu et ont été débattus mais sans grandes avancées : d’une part, les exploitants ont besoin de savoir si les prochains films annoncés seront accessibles ou pas, afin de préparer leur programmation d’une façon appropriée, et d’autre part, les spectateurs spécifiques ou leurs associations ont besoin de connaitre la liste des cinémas « accessibles » et leur programmation spécifique, au jour le jour ; pour le premier point il semble ne pas y avoir consensus dans le choix entre par exemple le site CinéVille plutôt réservé aux professionnels et le site plus grand public « AlloCiné » qui est pourtant ouvert à plus de 90 % des professionnels (avec un accès réservé) ; en ce qui concerne l’information des spectateurs spécifiques, la question n’a pour ainsi dire pas été abordée, pourtant il y a deux voies de communication : les sites grands publics comme AlloCiné dont la grande fréquentation par les « valides » peut conduire à l’information des proches en situation de handicap, et ensuite les associations qui ont pour projet de publier sur leurs sites respectifs ces mêmes programmations ; sur ce dernier point il me semble y avoir des choses à mettre en ordre ou en place !

11— Canopée avait appris il y a quelques semaines, d’AlloCiné même, que ce dernier préparait quelque chose dans ce sens et cela a été confirmé lors de la table ronde : AlloCiné va mettre en place des pages internet et une information spécifiques ; une ou deux associations sont convenues avec Canopée de faire avancer les choses dans ce sens, mais avec possibilité pour les associations de reprendre l’information centralisée sur AlloCiné par exemple afin de la répercuter sur leurs propres sites fréquentés par leurs usagers. Ce dernier projet n’a pas été débattu lors de la table ronde, mais dans les « couloirs » ! On peut cependant faire remarquer que la recopie des programmes sur les sites des associations ne pourra être que transitoire d’une part afin de sensibiliser les usagers de ces associations et les inciter à consulter le site national et d’autre part parce que l’information risque de ne pas être régulièrement remise à jour sur ces petits sites, alors qu’elle devra l’être sur un unique site national.

11bis— a été évoqué également la possibilité que la programmation des films accessibles change du jour au lendemain relativement aux salles, pour des raisons d’exploitation ; cependant cela ne peut gêner que les Personnes à Mobilité Réduite (PMR) car il pourra en effet y avoir dans certains cinémas des dérogations pour certaines salles qui ne pourront pas être rendues accessibles relativement au bâti, donc inaccessibles aux PMR. Par contre, au vu du point 5bis, le changement de salle en dernière minute ne devra pas avoir d’impact sur l’accessibilité sensorielle des films étant donné que toutes les salles devront être accessibles de ce point de vue. Je suis conscient que cela est certes très gênant pour les PMR (j’ai apporté mes compétences d’ingénieur à l’APF pendant 25 ans !) ; mais j’ai rédigé ce compte-rendu au nom de Canopée dont le rôle est d’accompagner le processus de mise en conformité de l’accessibilité sensorielle !

12— autre grande nouvelle : le Centre National du Cinéma (CNC), représenté par madame Valérie LÉPINE-KARNIK, va mettre en place une incitation financière spécifique pour les distributeurs afin que ces derniers puissent faire ou faire faire les pistes 7 (dialogues sur-amplifiés) et 8 (audiodescription), afin qu’elles soient ajoutées systématiquement sur le support des films numériques ; il va de soi que cette incitation ne pourra être utilisée qu’à cette seule fin et pour l’instant pour les films d’origine française ! Merci au CNC et à madame LÉPINE ! D’après cette dernière, fin 2013, le nombre de films accessibles devrait considérablement augmenter !

13— Enfin, nous attendions tous l’arrivée de Gilbert MONTAGNÉ, qui a fait son apparition à la tribune en toute fin de débats, afin d’y prononcer une allocution que l’on pourrait qualifier d’évangélique ! Mais il faut surtout en retenir qu’il souhaite, comme beaucoup, pourvoir aller au cinéma en famille ou avec des amis, mais le jour et à la séance qui lui conviennent ! « Le cinéma, c’est quand je veux et où je veux … à toutes les séances … » Mesdames, messieurs, vous avez maintenant la technologie et tout ce qu’il faut ! Qu’attendez-vous pour mettre tout cela en place ? »

Le fait qu’une personnalité « bien en vue » si je puis dire, vienne apporter de l’eau au moulin de l’accessibilité sensorielle est un encouragement pour nombre de personnes en situation de handicap sensoriel et de leurs associations ; et donc de Canopée qui prône ce type d’accessibilité avec insistance !

D’autres points on été abordés mais n’ont pas retenu mon intérêt ou m’auront échappés. Veuillez m’en excuser !»

Eric TAQUET & Vincent HABART
Co-fondateurs de l’Association Canopée

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