Association française d'audiodescription (AFA)

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Photo du Congrès 2012 de la FNCF à Deauville - source : cnc.frEric Taquet, co-fondateur avec Vincent Habart de l’Association Canopée, nous adresse un compte-rendu de sa participation au 67ème congrès de la FNCF qui se tenait à Deauville du 1er au 4 octobre 2012.  Le 2 octobre était en particulier programmée une table ronde sur le thème « Handicap & Cinéma ». À ce congrès participaient également un grand nombre de constructeurs, distributeurs, installateurs, éditeurs de presse, etc. 

«Tout d’abord : avant et après la table-ronde :

1— vous le savez, dans ce genre d’événement, ce qui en fait le principal intérêt, ce sont souvent les contacts que l’on échange, les réseaux que l’on consolide, en particulier pour Canopée avec des associations, des producteurs, des installateurs, des constructeurs de matériel et des éditeurs de presse. Je n’y ai donc pas manqué et en ai profité pour bien faire connaître Canopée et son projet.

2— en ce qui concerne les constructeurs de matériel pour l’accessibilité sensorielle des cinémas : deux constructeurs s’affrontent sur ce marché d’environ 5000 salles de cinéma en France : Dorémi (américain) et Sennheiser (allemand). J’ai pu, et pas seulement ce jour là, évaluer avec mon associé l’ingénieur Vincent HABART, les caractéristiques et fonctionnalités des deux types de matériels (évidemment incompatibles pour le moment). Notre conviction est faite en termes techniques et en termes de fonctionnalités au regard de la loi de 2005 sur le handicap. Mais il faut également admettre que sur le plan financier l’un des constructeurs est plus économique que l’autre ; le plus économique étant bien sûr le moins bon en termes de fonctionnalités, de performances et de respect des préconisations ! Plus d’infos sur demande !

La table-ronde : pour ne pas courir le risque d’oublier quelqu’un, je ne citerai pas les personnes présentes au podium de cette table-ronde (je n’ai pas réussi à prendre de notes et le site internet de la FNCF n’a pas encore publié cette information) ; mais en résumé il y avait là quelques représentants de grosses associations ou fédérations nationales de ou pour les personnes en situation de handicap, et divers représentants du monde du cinéma.

Ce que j’en ai retenu :

3— un petit rappel de la loi de 2005 sur le handicap a été présenté par Marc-Olivier SEBBAG, en particulier la teneur de l’article 41 qui modifie l’article 111.7 du code de la construction, en y ajoutant le sous-article 111.7.3 qui nous concerne particulièrement en tant que déficients sensoriels. Je le connais bien, mais apparemment pas tout le monde ! L’échéance de cette mise en conformité a été rappelée : le 1er janvier 2015 (autant dire demain vu le travail qu’il reste à faire !)

4— une partie importante de ces 2h30 d’échanges a été occupée par l’accessibilité du bâti (pour les PMR, personnes à mobilité réduite) et en particulier sur les différentes dérogations possibles face aux difficultés de cette mise en conformité dans certains cinémas

5— en revanche, il a été dit clairement qu’il ne pourrait y avoir de dérogations pour la mise en conformité de l’accessibilité sensorielle, qui implique beaucoup moins de contraintes ! Et cette accessibilité sensorielle peut être traitée indépendamment de l’accessibilité du bâti !

5bis— il ressort du point précédent, et cela a été dit clairement : dans un multiplexe, TOUTES les salles numériques devront offrir l’accessibilité sensorielle ! Il a même été dit qu’il fallait dissuader les exploitants de cinéma de n’équiper qu’une partie de leurs salles et de débrancher et rebrancher les équipements techniques d’une cabine de projection vers une autre car ces matériels ne supporteront pas longtemps d’être débranchés et retranchés de façon intempestive ; d’autant que cela peut nécessiter des modifications techniques dans le plan de fréquences allouées aux salles !

6— monsieur Olivier HILAIRE est venu présenter un résumé de son rapport sur l’accessibilité sensorielle, commandé par la FNCF et disponible en intégralité sur le site de cette fédération. Comme a son habitude, monsieur Hilaire a été très clair et a bien cadré les différents grands types de pathologies sensorielles et les solutions qui pouvaient y être apportées ; il a également rappelé le rôle des piste 7 et 8 des films numériques, ainsi que des fichiers de sous-titrage spécifiques pour les sourds (STM), mais sans trop entrer dans la technique.

7— il a été rappelé bien évidemment que c’est l’émergence du cinéma numérique dès 2010-2011 qui va permettre une mise en place plus simple, économique et rapide de l’accessibilité sensorielle au cinéma ! C’est une évidence pour beaucoup mais qu’il était bon de rappeler pour expliquer en partie le retard de la mise en accessibilité face à la loi de 2005 !

8— un point a été évoqué, et qui passe souvent sous silence par méconnaissance du monde du handicap sensoriel : l’accessibilité commence dès l’arrivée à la caisse, puis la prise en charge éventuelle par le personnel d’accueil ou de sécurité, puis, évidemment l’accessibilité du film, et enfin l’accessibilité des éventuels débats avant ou après le film (pensons aux avant-premières ou encore aux débats thématiques après le film), qui ne sont quasiment jamais accessibles aux déficients auditifs ; c’est un point dont Canopée se fait un cheval de bataille pour que l’accessibilité prenne toute sa vraie dimension.

9— un petit mot des associations représentant justement les déficients auditifs qui « ne se sont pas fait beaucoup entendre », si je peux me permettre ce jeu de mots. Et pourtant, c’est une représentante de l’une de ces associations (dont j’ai oublié pour l’instant le patronyme) qui a soulevé le rôle important des associations locales ou nationales à représentation locale, dans les réseaux de communication à mettre en place entre un cinéma accessible et les spectateurs spécifiques concernés !!! Là aussi, une position qui conforte l’un des objectifs de Canopée : tout le monde doit participer à cet effort vers l’accessibilité. Et c’est sans compter le rôle d’incitation que peuvent jouer ces associations pour convaincre les exploitants de cinéma de s’équiper sans attendre 2015.

10— en terme de communication : deux niveaux d’information entrent en jeu et ont été débattus mais sans grandes avancées : d’une part, les exploitants ont besoin de savoir si les prochains films annoncés seront accessibles ou pas, afin de préparer leur programmation d’une façon appropriée, et d’autre part, les spectateurs spécifiques ou leurs associations ont besoin de connaitre la liste des cinémas « accessibles » et leur programmation spécifique, au jour le jour ; pour le premier point il semble ne pas y avoir consensus dans le choix entre par exemple le site CinéVille plutôt réservé aux professionnels et le site plus grand public « AlloCiné » qui est pourtant ouvert à plus de 90 % des professionnels (avec un accès réservé) ; en ce qui concerne l’information des spectateurs spécifiques, la question n’a pour ainsi dire pas été abordée, pourtant il y a deux voies de communication : les sites grands publics comme AlloCiné dont la grande fréquentation par les « valides » peut conduire à l’information des proches en situation de handicap, et ensuite les associations qui ont pour projet de publier sur leurs sites respectifs ces mêmes programmations ; sur ce dernier point il me semble y avoir des choses à mettre en ordre ou en place !

11— Canopée avait appris il y a quelques semaines, d’AlloCiné même, que ce dernier préparait quelque chose dans ce sens et cela a été confirmé lors de la table ronde : AlloCiné va mettre en place des pages internet et une information spécifiques ; une ou deux associations sont convenues avec Canopée de faire avancer les choses dans ce sens, mais avec possibilité pour les associations de reprendre l’information centralisée sur AlloCiné par exemple afin de la répercuter sur leurs propres sites fréquentés par leurs usagers. Ce dernier projet n’a pas été débattu lors de la table ronde, mais dans les « couloirs » ! On peut cependant faire remarquer que la recopie des programmes sur les sites des associations ne pourra être que transitoire d’une part afin de sensibiliser les usagers de ces associations et les inciter à consulter le site national et d’autre part parce que l’information risque de ne pas être régulièrement remise à jour sur ces petits sites, alors qu’elle devra l’être sur un unique site national.

11bis— a été évoqué également la possibilité que la programmation des films accessibles change du jour au lendemain relativement aux salles, pour des raisons d’exploitation ; cependant cela ne peut gêner que les Personnes à Mobilité Réduite (PMR) car il pourra en effet y avoir dans certains cinémas des dérogations pour certaines salles qui ne pourront pas être rendues accessibles relativement au bâti, donc inaccessibles aux PMR. Par contre, au vu du point 5bis, le changement de salle en dernière minute ne devra pas avoir d’impact sur l’accessibilité sensorielle des films étant donné que toutes les salles devront être accessibles de ce point de vue. Je suis conscient que cela est certes très gênant pour les PMR (j’ai apporté mes compétences d’ingénieur à l’APF pendant 25 ans !) ; mais j’ai rédigé ce compte-rendu au nom de Canopée dont le rôle est d’accompagner le processus de mise en conformité de l’accessibilité sensorielle !

12— autre grande nouvelle : le Centre National du Cinéma (CNC), représenté par madame Valérie LÉPINE-KARNIK, va mettre en place une incitation financière spécifique pour les distributeurs afin que ces derniers puissent faire ou faire faire les pistes 7 (dialogues sur-amplifiés) et 8 (audiodescription), afin qu’elles soient ajoutées systématiquement sur le support des films numériques ; il va de soi que cette incitation ne pourra être utilisée qu’à cette seule fin et pour l’instant pour les films d’origine française ! Merci au CNC et à madame LÉPINE ! D’après cette dernière, fin 2013, le nombre de films accessibles devrait considérablement augmenter !

13— Enfin, nous attendions tous l’arrivée de Gilbert MONTAGNÉ, qui a fait son apparition à la tribune en toute fin de débats, afin d’y prononcer une allocution que l’on pourrait qualifier d’évangélique ! Mais il faut surtout en retenir qu’il souhaite, comme beaucoup, pourvoir aller au cinéma en famille ou avec des amis, mais le jour et à la séance qui lui conviennent ! « Le cinéma, c’est quand je veux et où je veux … à toutes les séances … » Mesdames, messieurs, vous avez maintenant la technologie et tout ce qu’il faut ! Qu’attendez-vous pour mettre tout cela en place ? »

Le fait qu’une personnalité « bien en vue » si je puis dire, vienne apporter de l’eau au moulin de l’accessibilité sensorielle est un encouragement pour nombre de personnes en situation de handicap sensoriel et de leurs associations ; et donc de Canopée qui prône ce type d’accessibilité avec insistance !

D’autres points on été abordés mais n’ont pas retenu mon intérêt ou m’auront échappés. Veuillez m’en excuser !»

Eric TAQUET & Vincent HABART
Co-fondateurs de l’Association Canopée

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Dans son rapport rendu au Parlement en décembre 2011, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel constate une évolution positive de l’accessibilité aux  programmes des personnes handicapées et préconise l’adoption de nouvelles mesures pour améliorer encore la situation.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a transmis en décembre 2011 au Parlement son premier rapport relatif à l’audiodescription et au sous-titrage des programmes. Ce texte rappelle les obligations prévues par la loi en faveur de l’accessibilité. Il fait état des dispositions prises par le Conseil et de l’offre de programmes accessibles. Le rapport mentionne également les autres actions du Conseil en faveur des personnes handicapées, notamment grâce à son site internet, dont une rubrique est consacrée à l’accessibilité des programmes, ou avec le projet de réalisation d’un cahier des charges pour un récepteur vocalisant.

Un meilleur niveau d’accessibilité dans le paysage audiovisuel

Les chaînes publiques et les chaînes privées nationales hertziennes ont respecté les dispositions de la loi de 2005 relatives à l’accessibilité des programmes aux personnes sourdes ou malentendantes. Les autres chaînes se sont pour leur part efforcées de remplir leurs obligations.

Le paysage audiovisuel a ainsi atteint un niveau d’accessibilité répondant mieux aux attentes des personnes sourdes ou malentendantes. Le Conseil a néanmoins considéré que des progrès devaient être encore accomplis. Parallèlement, il a relevé que l’audiodescription pour les personnes
aveugles ou malvoyantes commençait à accompagner certains programmes destinés à un plus large public.

Le Conseil s’est lui-même attaché à ce que ses messages institutionnels soient accessibles aux personnes souffrant d’un handicap auditif ou visuel. Ainsi, les campagnes annuelles de protection du jeune public ont été sous-titrées et celles qui ont été diffusées en novembre-décembre 2011 ont intégré l’audiodescription.

Lors des échéances électorales de 2012, le Conseil veillera à ce que les émissions de la campagne officielle diffusées sur les chaînes du service public comportent de l’audiodescription, en plus du sous-titrage qui a déjà été généralisé à l’occasion des précédentes élections.

Des mesures à prendre pour faciliter l’accessibilité

Au-delà de ces constats, le Conseil a suggéré certaines mesures susceptibles de faciliter l’accès des personnes souffrant d’un handicap auditif ou visuel aux programmes qui leur sont destinés. Il a préconisé, à des fins d’homogénéité et d’ergonomie de l’ensemble de l’offre audiovisuelle sur la TNT, une interruption de la diffusion des sous-titres au format télétexte sur le support hertzien terrestre. Cela pourrait être réalisé en confiant au Conseil la mission de veiller à l’unicité ou à l’homogénéité des mécanismes de diffusion des sous-titres. À défaut, le Gouvernement pourrait être invité à préciser, en modifiant l’arrêté du 24 décembre 2001, que les sous-titres doivent être diffusés selon une seule norme : le DVB Subtitling. Concernant  l’audiodescription, le Conseil suggère une incitation, voire une obligation, pour les fabricants de récepteurs de télévision de valoriser les flux accessibles, par exemple en prévoyant une touche spécifique sur la télécommande.

Parallèlement, une incitation d’ordre législatif visant ces mêmes fabricants afin de privilégier les sous-titres liés à l’accessibilité par rapport aux autres flux de sous-titres, permettrait aussi d’améliorer l’accès aux programmes des personnes sourdes ou malentendantes. Le Conseil invite enfin le législateur à adopter une disposition incitant fabricants et distributeurs à proposer dans leurs gammes de téléviseurs au moins un produit avec une fonction de vocalisation, en langue française, des menus de télévision numérique.

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Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication et Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, ont traité de l’accessibilité au cinéma et à l’audiovisuel pour les personnes en situation de handicap à l’occasion d’une séance de travail de la Commission Nationale Culture Handicap le 26 janvier 2012.

A cette occasion, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication a annoncé aux associations représentant les personnes en situation de handicap plusieurs mesures : la mise en place d’une aide incitative du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), représentant un million d’euros par an pendant trois ans, pour que le sous-titrage et l’audio-description des films s’imposent progressivement dès leur sortie en salle ; le lancement de deux missions : l’une sur les métiers de l’audiodescription, l’autre sur la coordination de l’information sur les oeuvres sous-titrées et audio-décrites ; la mise en place d’un groupe de travail afin d’accompagner la petite et moyenne exploitation cinématographique dans la mise en accessibilité des cinémas ; la rédaction en cours d’un nouvel ouvrage de la collection Culture et Handicap consacré précisément à l’accessibilité au cinéma.

Les deux ministres ont confirmé leur soutien à l’organisation du festival de cinéma « Un autre regard » (Retour d’Image), consacré au thème « cinéma et handicap », qui se tiendra du 29 au 31 mars prochain à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Eric Garandeau, président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), a fait un état de l’action du Centre en faveur de l’accessibilité des oeuvres et des salles, et notamment du suivi de la montée en charge de l’accessibilité des salles, avec le concours de la Fédération nationale des cinémas français. Il a été convenu de déterminer en fin d’année 2012, sur la base des remontées d’information en cours et des progrès alors enregistrés, si des objectifs chiffrés de progression seront nécessaires à ce développement.

Dans le domaine de l’audiovisuel, les engagements pris par les chaînes publiques dans le cadre de leurs contrats d’objectifs et de moyens signés avec l’Etat ont été rappelés, ainsi que l’action du Conseil supérieur de l’audiovisuel en matière de représentation du handicap, de qualité du sous-titrage ou de l’audio-description.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a annoncé la publication prochaine d’une étude sur les conditions du développement en France de récepteurs TNT
vocalisants.

Source :  communiqué de presse agglo.tv

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Dans le but d’attirer l’attention sur l’accessibilité des boxs des opérateurs, le site edencast.fr a publié une lettre ouverte à destination de Xavier Niel, fondateur du fournisseur d’accès à Internet Free.

Photo d'une freebox

Ce dernier a été choisi car il s’agit sans nul doute de l’opérateur le plus innovant durant ces dix dernières années en matière d’internet et télécom.

Aussi, nous vous invitons à signer cette lettre ouverte sous votre véritable identité et à faire circuler son lien partout où vous le pouvez, pour toucher un maximum de personnes.

Certes, nous n’avons aucune garantie quant au résultat de cettte opération, mais seuls ceux qui attendent sans rien faire peuvent toujours attendre !

La lettre ouverte est accessible en cliquant ici.

N’hésitez pas à transférer ce message à vos connaissances dans le milieu du handicap visuel afin que nous soyons le plus nombreux possible à signer cette lettre ouverte.

Philippe Brun
Twitter : philoxy2

Source : CFPSAA

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Photo de Gilbert Montagné - Source : rtl.fr

Le 31 mai nous avions relayé un message de Philippe Chazal, Président de la Confédération Française Pour la Promotion Sociale des Aveugles et des Amblyopes (CFPSAA), dressant un bilan pour le moins négatif du « Plan déficients visuels 2008-12011 », censé mieux cerner les problèmes spécifiques au handicap visuel dans le cadre de la loi du 11 février 2005. Il n’est pas dans notre objectif de relayer toutes les informations touchant au handicap visuel : d’autres le font déjà et mieux que nous, et l’audiodescription reste le sujet principal de notre blog. Mais ce « Plan déficients visuels » fait partie du cadre légal assurant le développement du procédé, et il fallait bien en parler. Par souci d’équité, nous nous devons maintenant de relayer la réponse que Gilbert Montagné a fait à cette tribune qui le mettait en cause.

C’est tout simplement dans un souci de transparence que je prends le droit de répondre à la Tribune CFPSAA du 30 Mai 2011 dans laquelle mon nom est cité.

J’ai eu le plaisir d’élaborer le plan déficience visuelle avec la précieuse et indispensable collaboration de mon ami Patrick Segal, et ce, à la demande
de Monsieur Xavier Bertrand. Les 22 mesures qui composent ce plan ont été fondées sur une étude sérieuse et novatrice des besoins et attentes pressenties de la population visuellement handicapée dont je fais partie depuis ma naissance.

Dès la présentation de ce plan, Monsieur le Ministre et moi même avions convié le CNPSAA avec à sa tête Monsieur son Président Philippe Chazal qui considérait dès le départ ce plan comme une coquille vide. A présent je ne peux m’empêcher de sourire à la lecture de cette Tribune de lire Monsieur Chazal s’écriant du fait que ce plan ne soit pas encore appliqué. Dans sa grande déception Monsieur le Président omet de préciser (ne serait-ce que dans un élan d’objectivité) qu’une fois ce plan élaboré ; je ne pouvais être en mesure de l’imposer n’étant ni Ministre ou encore moins Secrétaire d’Etat.

Sachez que je regrette également à ce jour que notre plan reste en grande partie dans les tiroirs mais contrairement à Philippe Chazal, je demeure encore habiter par l’espoir. C’est cet espoir, cette conviction en la force de ne jamais cesser de croire au possible, qui ont forgé ma vie et mes quarante ans de carrière médiatique.

Je peux dire aujourd’hui que dès le début de mon accès aux médias (tremplin que j’ai franchi seul) j’ai eu bien peu de soutien, de chaleur de considération de ceux de qui j’attendais tellement ; je veux parler d’un certain nombre de déficients visuels. A présent, je ne leur en veux pas du tout. Je me suis toujours battu et je continuerai d’ailleurs à le faire envers tous ceux qui nous pensent encore dans les ténèbres afin que contre toute attente, nous soyons enfin en pleine lumière.

Je tiens à rappeler à ceux dont la mémoire serait un peu trop courte, qu’il y a 30 ans ; j’ai été le premier aveugle et ce sans titre ni couronne à crier le besoin que nous avions de disposer de feux sonores au même titre qu’un peu plus tard, je dénonçais déjà le coût prohibitif des aides techniques.

A cette époque, que disaient les associations ? Je me souviens, d’ailleurs, que Monsieur le Président du CNPSAA trouvait mes revendications un tantinet utopique, tout comme le jour où dans les médias j’ai osé avancer l’idée, jusqu’alors impensable, que les déficients visuels puissent enfin accéder aux d.a.b. de façon autonome. Je me suis battu pour cela pendant 15 ans ! J’ai ouvré, malgré tout, pour que le CNPSSA soit présent à mes côtés dès que l’une des firmes constructrices d’automates bancaires m’eût laissé entrevoir la possible accessibilité vocale de leur machine.

Quant à l’audio description … j’ai beaucoup aimé le « pour être honnête » de Monsieur Chazal. En effet, si l’audiodescription était déjà entreprise depuis une dizaine d’années grâce à l’excellent travail de Patrick Saonit et de son équipe au sein de l’Avh ; il s’avère qu’il fallait déflorer le sujet au sens large du terme et c’est pourquoi j’ai, au cours de l’élaboration du plan handicap visuel, pris attache avec les différentes hautes instances télévisuelles qui entendaient parler pour la toute première de l’audiodescription.

TF1 et le Csa, en la personne de leurs Présidents, ont tenu à assister à une projection que j’ai souhaitée dans les locaux de l’Avh afin de rendre hommage au travail déjà accompli duquel ils ont été très impressionnés. C’est à partir de ce jour qu’il a été porté au cahier des charges du CSA l’intelligente obligation pour les chaînes faisant de plus de 2 % d’audience ; d’audiodécrire leurs programmes grand-public.

Par ailleurs, si j’ai pris la décision en Août 2010 de démissionner de ma fonction de Secrétaire National en charge de l’handicap auprès de l’UMP c’est que je n’étais pas en position d’imposer, mais de proposer. Je ne me dédouane donc, en aucune façon, de quoi que ce soit, et bien au contraire, dans un souci d’honnêteté et de liberté que les membres dirigeants de la majorité présidentielle comprennent tout à fait ; je resterai en droite ligne à la recherche d’idée innovante pour notre communauté.

Enfin, devrais-je vous rappeler que j’ai toujours su être à vos côtés pour avoir mis en place la gratuité des renseignements téléphoniques, l’installation des factures EDF en braille, l’étiquetage en braille de certaines bouteilles, vous soutenir dans le conflit au sujet des retraites et tout récemment mon implication pleine et entière dans l’accessibilité vocale des décodeurs Orange-TV fin 2011.

Alors d’accord ! Le temps pour célébrer quelque anniversaire n’est pas encore là… mais dans l’immédiat, j’ai tout de même envie de me faire plaisir et renvoyer ce fameux gâteau (dont je devrais être privé) sur le visage de l’incompréhension et de la méchanceté.

La cécité la plus grave n’est-elle pas celle de l’esprit ?

Gilbert Montagné

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Le 2 juin 2008, Xavier Bertrand – alors Ministre en charge du handicap – et le chanteur aveugle Gilbert Montagné constataient que l’application de la loi de 2005 sur le handicap «exige des adaptations pour tenir compte de la spécificité des besoins de certains handicaps». Ils annonçaient donc, haut et fort, l’adoption d’un « plan déficients visuels 2008-2011 ». Suivant ce qui semble être devenu la griffe de la gouvernance actuelle, après les roulements de tambour et effets d’annonce, rien du tout ou si peu de choses… Nous relayons ici une tribune de Philippe Chazal, président de la CFPSAA, ainsi qu’un appel à manifester le 8 juin de la Fédération des Aveugles et Handicapés Visuels de France.

Photo montage : la boîte à gifles - jean-marc plumauzille

Boîte à gifles

Les 22 mesures de ce plan 2008-2011 «pour une intégration pleine et entière des personnes aveugles et malvoyantes à la vie de la cité» (PDV). avaient pour ambition de permettre à ces personnes d’exercer l’ensemble des droits reconnus à tous les citoyens et notamment ceux de vivre :

– dignement avec le handicap,
– de façon autonome,
– pleinement leur citoyenneté.

Nous y avons cru ! Comptant tant sur les engagements du Ministre que sur la notoriété du chanteur pour faire avancer les choses. Le 14 janvier 2009, un premier Comité de Suivi auquel la Confédération Française Pour la Promotion Sociale des Aveugles et des Amblyopes (CFPSAA) participait, se réunissait. Ce fut le seul !

Pour justifier leur inaction, nos interlocuteurs invoquèrent la crise économique, les changements de ministres et les lenteurs de l’administration : rien que de faux prétextes. En fin d’année 2010 Gilbert Montagné quittait subrepticement son poste de Secrétaire de l’UMP en charge du handicap, pensant peut-être se dédouaner ainsi de toute responsabilité.

Des lots de consolation

Soyons honnêtes, reconnaissons que depuis trois ans l’audiodescription, l’accès aux livres, l’étiquetage des médicaments et des produits de consommation courante ont progressé, c’est sans doute par ce qu’ils étaient sur la table bien avant la parution du PDV !

Des promesses qui ne sont que du vent

Nous ne reprendrons pas ici les 22 mesures attendues, financées, en un mot promises dans un délai de 3 ans. Les plus emblématiques devaient permettre aux quelques 60.000 personnes aveugles et aux 270.000 malvoyants profonds de «vivre mieux avec leur handicap». Rien n’a été fait, elles devront «continuer à galérer», tout simplement. Citons les déceptions les plus criantes:

– Améliorer la prise en charge des personnes âgées qui deviennent malvoyantes: mesure 7. Bien au-delà de la simple application du PDV, cette amélioration aurait dû résulter de la mise en œuvre de la loi 2005 sur le handicap qui prévoit sans ambiguïté la disparition totale des barrières d’âge pour l’attribution de la Prestation Compensatrice du Handicap (PCH), dans un délai de cinq ans après la promulgation de la loi. L’Etat, pourtant garant de cet engagement, refuse de s’y soumettre. Pire, une Ministre n’hésite pas, lors de réunions publiques, à menacer les personnes handicapées de perdre leurs avantages si elles persistent à réclamer l’entrée en vigueur de ce texte. La CFPSAA a déposé un Recours pour Excès de Pouvoir devant le Conseil d’Etat en juin 2010.

– L’emploi des déficients visuels, tant au sein des Administrations que des entreprises privées, (mesure 11) n’a jamais été aussi catastrophique: l’Etat se désengage vis-à-vis des organismes créés pour faciliter l’emploi des personnes handicapées. L’inaccessibilité de la plupart des sites publics et de certains logiciels libres utilisés sur les lieux de travail freine l’embauche et même le maintien dans l’emploi des déficients visuels. Depuis 2005, les employeurs préfèrent, pour respecter la loi, engager des personnes atteintes d’un handicap léger, ce qui exclut, de fait, aveugles et malvoyants profonds. Au lieu de progresser, on recule !

– En matière d’accessibilité, si l’on constate une certaine amélioration de la sécurité dans les transports pour les déficients visuels (mesure 14) grâce à l’application de normes européennes et à l’engagement de certains partenaires (SNCF, RATP…), il n’en va pas de même pour les aménagements de la voirie et des espaces publics: la multiplication de pistes cyclables à contresens dans les rues à sens unique, et de celles qui, de plus en plus souvent, empruntent les trottoirs, aggrave encore nos difficultés de circulation. Mais une menace plus sérieuse se profile: depuis plus d’un an, la CFPSAA s’investit pour sensibiliser les Pouvoirs Publics et les constructeurs de véhicules électriques à la nécessité de sonoriser ces derniers, faute de quoi les personnes aveugles qui se repèrent au son du flot du trafic risquent de ne plus pouvoir circuler seules.

– Rien de fait non plus dans le domaine de la formation d’’instructeurs en locomotion (mesure 15) et d’éducateurs en activité de la vie journalière (mesure 18), autant de vœux pieux, sans le moindre début de commencement d’action pour aller dans ce sens. Si ce n’est un dossier que prépare la CFPSAA pour demander l’inscription de ces professions au RNCP, il lui en a déjà coûté plus de 20.000 euros !

– Encourager le recours à une aide animalière : mesure 5. Bien que 150.000 Euros aient été prévus pour réaliser cette mesure, elle est restée lettre morte. Faute d’information, les professionnels refusent encore de laisser le maître et son chien accéder à tous les lieux publics; la commission chargée de labelliser les écoles de chiens guides, et ainsi de garantir la qualité de la formation de l’animal, ne s’est plus réunie depuis le 5 juin 2009, elle devait le faire au moins une fois par an; la seule campagne d’information sur le sujet a été initiée, sans aucune aide publique, par une association membre de la CFPSAA.
– Les appareils de la vie quotidienne vocalisés (mesure 17) se comptent toujours sur les doigts de la main, et les 114.000 Euros prévus pour améliorer ce secteur se sont volatilisés! Gageons qu’ils n’ont pas été perdus pour tout le monde !

– Améliorer l’accès aux aides techniques (mesure 4). Un monopole à la limite de la légalité maintient les prix des aides techniques à un niveau inacceptable de sorte que les fonds départementaux de compensation, lorsqu’ils existent encore, ne peuvent atténuer le «reste à charge» financé par les utilisateurs. Un logiciel JAWS coûte plus de 1.500 Euros, une plage braille quelques 5.000 Euros, le montant de la PCH pour financer ces aides est limité à 3.960 Euros sur une période de 3 ans. Le PDV n’a rien changé.

– La mesure 22 prévoyait enfin de «mettre Internet au service de l’autonomie des personnes déficientes visuelles»: c’est hélas, de plus en plus souvent, le contraire qui se produit. Les sanctions prévues à l’encontre des contrevenants publics ou privés aux dispositions législatives régissant l’accessibilité des sites se sont transformées en simples incitations, ôtant ainsi toute portée à ces dispositions. Les sites publics (CNAF, Pôle Emploi,…) restent inaccessibles, les logiciels (Open Office) très employés dans la Fonction Publique demeurent inutilisables par les déficients visuels malgré nos demandes réitérées auprès du Ministre en charge de ce secteur.

Privés de gâteau

Dans ces conditions, les 31 associations qui composent la CFPSAA ont unanimement décidé de ne pas fêter, le 2 juin prochain, un anniversaire aussi désastreux. Xavier BERTRAND et Gilbert MONTAGNE seront privés de gâteau, mais surtout les déficients visuels, une fois encore, ne pourront que constater qu’on les a payés de mots! Pour la CFPSAA, le constat est amer et le temps des naïvetés passé. Cet échec pèsera sur la Conférence Nationale du Handicap du 8 juin prochain en présence du Président de la République, mais aussi et surtout dans les mois qui viennent qui, n’en doutons pas, seront riches en promesses.

Philippe CHAZAL
Président de la CFPSAA

Appel à manifester le 8 juin, à l’occasion de la Conférence Nationale du Handicap

La Fédération des Aveugles et Handicapés Visuels de France adressait le 27 mai un courrier à ses membres, les invitant à se retrouver le 8 juin prochain, devant le Centre Georges Pompidou, à l’occasion de la Conférence Nationale du Handicap, pour affirmer leur détermination à construire une France accessible à tous. «Faut être nombreux aujourd’hui pour être bien vus !», slogan qui fait un clin d’oeil à la campagne de communication choc lancée par la Fédération en début d’année sur le thème “Faut être qui aujourd’hui pour être bien vu ?”… La FAF compte aujourd’hui sur toutes les associations amies pour mobiliser adhérents et sympathisants.

Mercredi 8 juin 2011
14h00 à 18h00
Place Stravinsky
(face à l’entrée des officiels, dos aux statues de Nicky de Saint Phalle)

Melle Julie Bertholon de la Fédération des aveugles de France coordonne cette action. Nous vous remercions de bien vouloir lui communiquer le nombre, les noms et prénoms des participants et préciser si ces personnes sont déficientes visuelles ou guides, par courriel, avant le 3 juin, à l’adresse : j.bertholon@faf.asso.fr

Pour un panorama complet du cadre légal entourant l’audiodescription, consultez notre page Cadre Légal.

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Six ans après la loi de 2005 – n’intéressant certes pas que l’audiodescription mais qui fait partie du cadre juridique dans lequel elle s’inscrit –  destinée à aider les personnes handicapées à s’intégrer dans la société, la situation est « contrastée », a déclaré la secrétaire d’Etat aux Solidarités Marie-Anne Montchamp, à Bordeaux, à l’ouverture du congrès de l’Association des paralysés de France (du 4 au 6 mai 2011, 27.000 membres).

« Force est de constater que l’esprit d’inclusion sociale porté par la loi du 11 février 2005 n’a pas encore pénétré toutes les strates de notre société », a-t-elle déploré lors de ce 41e congrès de l’APF centré, selon son président Jean-Marie Barbier, sur « le choix d’une société inclusive pour tous ».

« Six ans après la loi », a déclaré Mme Montchamp, qui avait « porté » cette loi sous l’impulsion de Jacques Chirac, la situation est « contrastée, marquée par des progrès, dont certains sont majeurs, mais elle est aussi entachée par la persistance de difficultés que les avancées mettent paradoxalement en lumière ».

Elle a évoqué de « réels obstacles » en matière d’accessibilité et des « réticences et crispations du milieu scolaire et des familles d’autres élèves » face à l’accueil réservé à l’école aux enfants handicapés.
« L’accès à l’emploi et la promotion professionnelle sont freinés par le faible nombre de personnes handicapées qui bénéficient réellement des dispositifs de formation », a ajouté la secrétaire d’Etat: à peine 1% des contrats en alternance, 0,7% des contrats d’apprentissage, 1,8% des contrats de professionnalisation sont passés avec ces handicapés.

Pacte 2012 de l’APF
Marie-Anne Montchamp s’est en revanche réjouie que « certains paris » de la loi aient été relevés en matière d’emploi. Le nombre d’entreprises n’employant aucun travailleur handicapé a chuté de 78% depuis 2005, a-t-elle dit.
Elle s’est également félicitée que près de 200.000 enfants handicapés aient été inscrits à l’école à la rentrée 2010, soit deux fois plus qu’en 2005.
Elle a souligné que le président Sarkozy avait « tenu son engagement de revaloriser » l’allocation adulte handicapés de 25% en quatre ans.

Concernant une modification du mode d’attribution de cette allocation, qui provoque la protestation des syndicats et d’associations de personnes handicapées, Mme Montchamp a indiqué que « rien n’est définitif » sur cette question et que « tout reste à faire ».

Le président de l’APF, Jean-Marie Barbier, a souligné  « le sens de ce congrès sur le choix d’une société inclusive pour tous ». « Notre société est excluante pour beaucoup de catégories de population et le handicap est en ce sens exemplaire », a-t-il estimé, précisant que l’APF voulait « bouger les lignes » et être « un accélérateur » pour que « les choses changent ».
Il a annoncé qu’un « pacte 2012 » comprenant 12 engagements serait dressé par les congressistes et proposé à la signature des candidats à la présidentielle et aux législatives.

L’APF réclame notamment un « revenu d’existence incontournable » sinon « les personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler sont condamnées à vivre toute leur vie 25% au-dessous du seuil de pauvreté », a ajouté M. Barbier.

Pour aller plus loin
> Consulter le dossier de l’Assemblée nationale sur la loi de 2005.

>Rapport de Patrick Gohet, secrétariat d’Etat à la Solidarité : « Bilan de la loi du 11 février 2005 et de la mise en place des maisons départementales des personnes handicapées », août 2007

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