Association française d'audiodescription (AFA)

Archive for the ‘réflexions et opinions’ Category

Croquis : "poser le cadre"

Poser (oser ?) le cadre

Que mille formations fleurissent !
Pour quelle qualité d’audiodescription ?
Et quelles conditions de vie pour les futurs audiodescripteurs ?

C’est le printemps. Les formations à l’audiodescription fleurissent et on ne peut que s’en réjouir. En 25 ans, que d’avancées, que d’ouvertures, que de perspectives pour la pratique, pour le public ! Malheureusement on ne peut pas en dire autant pour la profession, qui n’a de cesse de voir ses conditions d’exercice se dégrader à mesure qu’elles s’adaptent à la loi de la concurrence. Nous étions une poignée de descripteurs, nous voici une armada. Alors, si on parlait défense d’intérêts communs ? Si on parlait tarifs syndicaux ? Si on se mettait à la table pour poser les bases de cette (ancienne nouvelle) profession ?

Séverine Skierski

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PHILOSOPHIÆ NATURALIS PRINCIPIA MATHEMATICA de Newton

PHILOSOPHIÆ NATURALIS PRINCIPIA MATHEMATICA, I. NEWTON

 

« Décrire — describere — c’est délimiter, donner un contour. Les contours qu’on pose sur l’image en la décrivant sont contestables. Et c’est exactement à cet endroit que s’exerce la responsabilité de celui qui décrit, envers ce qu’il décrit et celui pour qui il décrit. C’est peut-être là que se fonde l’éthique de cette pratique. »
Séverine Skierski

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AgoraVox – Le développement attendu de l’audiodescription incite à être vigilant sur la qualité des prestations proposées au public non-voyant concerné. En juin 2011, la Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA) et l’Association Valentin Haüy réunissaient des membres du « panel des téléspectateurs » pour approfondir la notion de « qualité » d’une audiodescription, avec la participation de ceux qui la font. Plus récemment avait lieu une réunion à l’Association française de normalisation (AFNOR) destinée à étudier la faisabilité d’une « norme de qualité »… qui souligne à nouveau la difficulté de se baser sur des critères « objectifs » pour juger d’une activité qui par ailleurs veut se définir comme un « travail d’auteur ». Jean-Marc Plumauzille, audiodescripteur, livre des réflexions toutes personnelles et s’essaie à un exercice déjà tenté par d’autres et plus difficile qu’il n’y paraît : comment juger de ce qu’une audiodescription est « bonne » ou « mauvaise  » ?

Moïse brisant les tables de la loi - Gustave Doré [Public domain], via Wikimedia CommonsMon point de vue est tout à fait personnel mais en vaut bien d’autres : ma première écriture d’audiodescription remonte à 1994, je peux donc revendiquer une certaine connaissance du procédé… et un recul certain. N’attendez cependant pas ici la recette de la « bonne » audiodescription, je ne la connais pas et souhaite même que cette recette — si tant est qu’elle existe — ne soit jamais trouvée, laissant ainsi ouvert le champ des possibles de l’expérimentation et de l’empirisme.

Enfonçons quelques portes ouvertes. Que ce soit pour se mettre à l’illustration ou à l’écriture d’un scénario, d’un article, etc. il existe des méthodes parfois très bonnes. Si ces méthodes sont honnêtes, elles ne vous diront pas comment faire une « bonne » illustration ou un « bon » scénario, elle ne vous donneront que des trucs, astuces et principes pour vous permettre de démarrer. La suite est affaire de travail ou/et de talent. Si vous restez prisonnier de ces trucs et astuces, vous avez de forte chance de tout simplement faire quelque chose de scolaire et, pire, de ne jamais surprendre non plus votre public… dans le bon sens du terme.

De la relativité des textes, des règles, et de leur possible danger

De plus habiles que moi ont déjà tenté d’épuiser le sujet par des réponses bien faites. On pensera à la Charte de Qualité de l’audiodescription, à l’initiative de Laure Morrisset et Frédéric Gonant de l’association En Aparté. On pourra aussi se référer à la page Éthique de notre site, rédigée par Marie-Luce Plumauzille et Laurent Mantel. Je citerai plus la charte qui — par le nom même qu’elle s’est donnée — vise à devenir une référence dans notre métier. Mais ce qui vaut pour la charte vaut pour tous les textes qui iraient trop avant dans le détail et la technique.

Les avancées « politiques » dues à la charte sont évidentes : visibilité de l’audiodescription, reconnaissance des pouvoirs publics, engagements du CSA entraînant un développement de l’offre de programmes TV audiodécrits, etc… Quant à l’aspect « pratique », le respect des règles d’un texte quel qu’il soit peut-il garantir la qualité d’un travail ? Le mérite des textes, c’est qu’ils sont un bon point de départ, voire un bon programme de formation. Mais une même chose ne peut être à la fois un point de départ et un horizon. Un cadre ? Certes il en faut, mais l’audiodescription ne diffère pas d’autres métiers qui ont leur contraintes : lignes éditoriales, publics visés, etc. Prenez les illustrations ou les scénarii, on vous donne des règles de base, des guides, qui vous fournissent un appui. Vous intégrez ou non ces bases. Ensuite vous travaillez… et vous vous devez de les transcender voire de les contredire. Un boulot bien fait ne découle pas de règles, mais d’une expérience et d’une intelligence.

Une charte — si l’on se réfère au terme même — peut-elle formuler autre chose qu’une déontologie, des principes et engagements généraux ? S’aventurer jusqu’à dire avec précision comment doit s’exercer un métier et quelles sont les « façons de faire » ou de ne pas faire ? Peut-on à fortiori s’appuyer sur les règles préconisées pour garantir une qualité ? Non bien sûr. Un journaliste n’utilise pas la charte de son métier pour faire un (bon) article. Les « façons de faire » sont toutes relatives par rapport à l’œuvre à décrire, par rapport au moment : nous ne décrivons plus aujourd’hui comme il y a vingt ans, et qui sait à quoi ressemblera l’audiodescription dans vingt ans ? Le public d’aujourd’hui n’a plus la même attente ni la même écoute, accepte un rythme différent, et cela évoluera encore.

Le diable est dans les détails

Donner des « façons de faire », une liste de ce qui « doit » ou non se trouver dans une œuvre produite, peut avoir des conséquences fâcheuses si la pertinence de ces façons n’est pas relativisée. Qui plus est si le document par son intitulé même veut imposer une norme. Créer par exemple l’illusion d’une facilité : « ce ne sont que quelques règles, suivons-les et le tour est joué ». Exagéré ? C’est un discours que des collègues ont déjà entendu de la part de sociétés souhaitant se lancer dans l’aventure et qui ne préconisent pour toute formation qu’un : « Fais comme ils disent dans la charte ». Ce n’est pas que le problème de la charte : la même mésaventure pourrait parfaitement survenir à la page « éthique » de l’AFA comme à tout autre texte un peu technique qui prendrait une tournure trop « officielle ». Paradoxal mais maintes fois vérifié : à trop donner de détails, on accrédite finalement plus l’idée de facilité que de complexité.

Une audiodescription remplissant toutes les conditions fixées par ces textes est-elle « bonne » ? Pas nécessairement. À contrario, une audiodescription dérogeant à certaines règles est-elle « mauvaise » ? Peut-être pas. Pourtant une audiodescription qui dérogerait à certaines « règles » risquerait-elle de ne pas se voir attribuer de « label qualité » si celui-ci ne reposait que sur les critères d’un texte trop précis ? Ce serait dommage et s’interdire des expérimentations qui débouchent souvent sur des solutions descriptives plus audacieuses et intéressantes… pour le public comme pour les auteurs.

Je vais forcir un peu le trait. Si pour décrire le personnage d’un film je vous parle « d’un grand malabar avec une tronche de méchant » — ne tenons pas compte du registre de langage ici adapté au film en question — je déroge de fait à plusieurs règles. Je ne suis pas objectif, donne mon sentiment plutôt que décrire, et porte déjà un jugement. J’explique un élément visuel par une interprétation personnelle de son sens. J’anticipe même : je ne sais pas encore qu’il est méchant si je ne l’ai pas vu agir. Enfin bon, on parle d’un méchant dans le titre même du film, mais alors c’est pire parce que ne suis-je pas déjà en train d’identifier ce malabar comme le héros de notre histoire ? Plus encore : j’ai un préjugé, non ? Pourquoi un type avec des épaules de déménageur et une mâchoire de bulldozer serait-il forcément méchant ? Pourtant ce genre de raccourci peut être une solution intéressante et permet au moins, au vu du temps imparti pour caser la description du personnage, de « faire plus vite image » qu’une énumération de traits physiques « objectifs ».

Est-ce que dans toutes les descriptions j’ai pu — pour ne m’en tenir qu’à ce qui concerne les personnages — décrire « les personnes, leur tenue vestimentaire et leur style, leur attitude corporelle, leur gestuelle, leur caractéristiques physiques, leur âge, leurs expressions » ? Non : infos déjà délivrées par la bande-son (voix, contenu des dialogues ou autre), risque de charger inutilement l’oreille de l’auditeur ou, simplement et très souvent, manque de temps. Pourtant quelqu’un qui lit peut-être mal la charte pense qu’un audiodescripteur doit décrire toutes ces choses, plus celles concernant les lieux, les saisons, etc. Ce quelqu’un considérera-t-il donc que ma description est « mauvaise » ?

Je n’irai pas ici plus loin dans le détail des règles énoncées par ces textes et de tous les contre-exemples qui pourraient être donnés pour chacune d’elles. Il y faudrait une conférence, et on voit que les notes et addenda relativisant nécessairement ces règles réclameraient un texte de plus en plus touffu et de ce fait peut-être inutilisable.

Prenez encore le problème de la « quantité » des commentaires. Combien de fois n’avons-nous pas entendu de la bouche de non-voyants : « Plus vous m’en dites, mieux c’est » ou « moins vous m’en dites, mieux c’est » ? Chaque spectateur a des attentes différentes. Chaque film donne un « la » différent. Chaque descripteur suit son cheminement, pense à un moment que le mieux est une approche plus épurée, puis le film suivant estime que cette approche n’est peut-être pas la meilleure. Il n’y a qu’une vérité relative et momentanée dans tout ça, des approches changeantes, des tentatives, et comme souvent un mouvement de balancier, un parcours en zigzag, en sinusoïde ou en spirale mais en tous cas rarement en ligne droite.

Le panel et la possibilité d’une évaluation collégiale

Le « contrôle de qualité » d’une audiodescription, plutôt que par le respect d’un texte ne nécessite-t-il pas plutôt un organe d’évaluation collégial ?

Le « panel des téléspectateurs », souhaité par les chaînes de télévision et mis en place fin 2010 par la Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA), doit veiller par ses évaluations à ce que la qualité et la diversité des programmes soient respectées. Le panel devrait aussi se pencher sur le problème de l’accès aux audiodescriptions, pour faire prendre conscience aux chaînes et aux fournisseurs d’accès de la complexité actuelle des procédures et de la nécessité d’apporter des solutions techniques plus simples. Dans la foulée probablement, d’autres suggestions seront faites quant à une annonce plus généralisée dans les programmes TV des audiodescriptions diffusées.

Cette possibilité d’une évaluation collégiale me semble être la meilleure solution au problème d’une « qualité » des audiodescriptions proposées, en recourant en quelque sorte à un pourcentage de satisfaction qui me semble mieux adapté. En admettant bien sûr que les membres de ce panel soient au fait de la difficulté de leur tâche et avertis de la relativité des critères permettant de définir une « qualité » dont l’appréciation sera probablement subjective. Là seulement peut-être se trouve l’utilité de textes : des bases de réflexion pour former les personnes amenées à exprimer leur avis.

Cette possibilité d’évaluation collégiale qu’offre le système du panel présente certes un inconvénient : ce ne sont que les travaux livrés, enregistrés et diffusés qui sont évaluables. Est-ce un si gros problème ? Avec des avis du panel davantage publicisés, il suffirait aux auteurs d’audiodescription de tenir compte d’éventuelles recommandations dans leurs travaux futurs. Et puis la chose est monnaie courante : les avis et critiques s’appliquent en général à un travail livré et non en cours d’exécution.

L’« aveugle relecteur », garantie de qualité ?

Je reviens ici sur une solution qui semble pouvoir être apportée d’un contrôle de qualité dès l’étape d’écriture : l’intervention d’un aveugle relecteur. Je mets les pieds dans le plat, mais l’utilisation même d’une supposée spécificité d’écoute due à un handicap me chiffonne un peu, dans un procédé qui dans sa philosophie et dès ses origines vise à une mixité des publics et qui entend aussi élargir ses destinataires à des auditeurs pas exclusivement non-voyants. Mais pourquoi pas, admettons. Si donc on accepte le principe d’une spécificité du relecteur non-voyant, alors ne faudrait-il pas un mais deux non-voyants au minimum pour favoriser un échange contradictoire (soit le même principe qui nous fait écrire la plupart des audiodescriptions à deux auteurs) ? Pensez-vous que la relecture par un non-voyant est un gage de qualité ? Si cela ne s’avère pas être le cas, pourquoi en faire une obligation ? Un relecteur voyant formé au procédé ne pourrait-il pas donner des avis différents mais tout aussi pertinents ? Rajoutez encore un relecteur et encore un autre — voyant, non-voyant, peu importe — et je suis sûr que vous collectionnerez encore d’autres points de vue et d’autres avis pertinents. Mais à un moment, pour des questions de coûts et de délais, il faut bien arrêter les compteurs.

Cette obligation, ou même la supposition qu’une audiodescription n’est valable que relue par un non-voyant, ne risque-t-elle pas d’avoir un effet pervers en transformant l’aveugle relecteur en faire-valoir ? Va-t-on voir pour toute justification de « bonne audiodescription » des sociétés brandirent leurs aveugles relecteurs ? Et d’autres qui veulent sincèrement bien faire mais ne peuvent payer des relecteurs seront-elles suspectées de faire de la sous-audiodescription ? Aïe.

Le « super outil d’évaluation »

Je vous entends bien, si vous avez eu la patience d’arriver jusque là, susurrer dans une attente un brin narquoise : « Alors et toi, qu’est-ce que tu proposes » ? Si peu de choses en fait, quatre « outils de mesure »… Des trucs simples qui s’énoncent simplement :

  1. Respecter la bande-son et tirer le meilleur parti des informations qu’elle délivre
  2. Respecter le cheminement de l’œuvre et ses ressorts narratifs
  3. Faire des choix appropriés au style du film
  4. Faciliter l’écoute de l’auditeur

C’est tout. Vous pouvez facilement en déduire tout le reste. Par exemple « Faire des choix appropriés au style du film » recouvre aussi bien la quantité de commentaires, que le registre de langage, le choix des voix, etc. « Faciliter l’écoute de l’auditeur » se réfère aussi bien à la quantité « supportable » de commentaires, qu’à la qualité du son et du mixage. Dans ces quatre critères, pas de détails et de « cases à cocher » mais un ressenti global sur le travail proposé.

Si ces quatre conditions sont réunies, l’audiodescription répond pour moi à ses objectifs. Est-ce qu’elle est « de qualité » ? Je ne sais pas, mais les descripteurs ont — en bon québécois — « fait la job ».

Moins encore que les textes précités ces conditions ne vous donneront la recette de la « bonne » audiodescription. Cette recette pour moi n’existe pas : pour chaque nouvelle réalisation les ingrédients changent, donc aussi la manière de les doser et de les combiner. Je comprends que cette approche puisse gêner : moins de garde-fou, pas de guide, mais souhaite-t-on être « auteur », « créateur » ou simple exécutant ?

Parce qu’au-delà de ces quatre conditions — qui sont les seules que je respecte dans mon travail pour garantir accessibilité et qualité du service proposé — le reste est en grande partie affaire de goûts et de couleurs. Et même en estimant que l’on doit rester dans le « cadre » d’un service à un public — ce qui encore une fois n’est en rien spécifique à l’audiodescription mais le cas de beaucoup de métiers de « création » — cette part de liberté sera j’espère préservée. Connaissez-vous des critères objectifs imparables définissant un « bon » ou un « mauvais » article ? Une « bonne » ou une « mauvaise » illustration ? Moi non. Je ne vois que des choix, des solutions originales ou non apportées à un problème donné, des parti-pris tentés, la liberté d’un auteur d’expérimenter, d’explorer le champ des possibles pour tracer de nouveaux chemins… avec des risques de se tromper et la possibilité de se planter, oui.

Évidemment, mes quatre points n’impressionnent pas. Ils ne rendent pas compte de la difficulté du travail ? Impression de facilité ? Vraiment ? Ils me semblent pourtant plus difficiles à manipuler qu’une liste détaillée de choses à faire ou à ne pas faire. Pensez-vous qu’un directeur de studio va donner ces quatre points à ses apprentis-descripteurs, que n’accompagne aucune « façon de faire  » ?

Les champs du possible

Que conclure ? Qu’il faut être vigilant. Que les rédacteurs de la charte, les audiodescripteurs, les créateurs et membres du panel ont raison de se battre pour le maintien d’une qualité. Mais que cette qualité ne peut pas se définir au-delà du respect de principes généraux et surtout pas dans le détail d’une « façon de faire », ni dans une certitude trop élaborée de ce qu’il convient ou non de décrire et de la façon dont doit être exécuté un travail.

Que le remède sinon peut être pire que le mal. Imaginons que soit créée sur la base des textes existant une « norme » ou un « label qualité ». De prime abord c’est très séduisant : il suffirait de mettre des croix dans des cases, de faire les totaux pour savoir si on penche vers le « plus » ou vers le « moins ». Connaissez-vous d’autres types d’œuvres que l’on juge ainsi ? Qu’adviendra-t-il de l’expérimentation et de l’empirisme dont je vous parlais au début et qui assurent seuls un renouvellement des méthodes et une adaptation aux nouvelles donnes ? Si une telle réglementation intervenait, il y a fort à parier que les seuls gagnants seraient les commanditaires — du moins ceux qui ne fonctionnent qu’en termes de rentabilité à court terme : pourquoi payer des auteurs et autres « créateurs » puisque pour suivre une check-list il n’y a guère besoin que d’exécutants ? Et il y a alors fort à parier que les gens un peu créatifs iront défricher ailleurs d’autres champs du possible. Est-ce que l’audiodescription et son public y gagneront ?

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Photo de Gilbert Montagné - Source : rtl.fr

Le 31 mai nous avions relayé un message de Philippe Chazal, Président de la Confédération Française Pour la Promotion Sociale des Aveugles et des Amblyopes (CFPSAA), dressant un bilan pour le moins négatif du « Plan déficients visuels 2008-12011 », censé mieux cerner les problèmes spécifiques au handicap visuel dans le cadre de la loi du 11 février 2005. Il n’est pas dans notre objectif de relayer toutes les informations touchant au handicap visuel : d’autres le font déjà et mieux que nous, et l’audiodescription reste le sujet principal de notre blog. Mais ce « Plan déficients visuels » fait partie du cadre légal assurant le développement du procédé, et il fallait bien en parler. Par souci d’équité, nous nous devons maintenant de relayer la réponse que Gilbert Montagné a fait à cette tribune qui le mettait en cause.

C’est tout simplement dans un souci de transparence que je prends le droit de répondre à la Tribune CFPSAA du 30 Mai 2011 dans laquelle mon nom est cité.

J’ai eu le plaisir d’élaborer le plan déficience visuelle avec la précieuse et indispensable collaboration de mon ami Patrick Segal, et ce, à la demande
de Monsieur Xavier Bertrand. Les 22 mesures qui composent ce plan ont été fondées sur une étude sérieuse et novatrice des besoins et attentes pressenties de la population visuellement handicapée dont je fais partie depuis ma naissance.

Dès la présentation de ce plan, Monsieur le Ministre et moi même avions convié le CNPSAA avec à sa tête Monsieur son Président Philippe Chazal qui considérait dès le départ ce plan comme une coquille vide. A présent je ne peux m’empêcher de sourire à la lecture de cette Tribune de lire Monsieur Chazal s’écriant du fait que ce plan ne soit pas encore appliqué. Dans sa grande déception Monsieur le Président omet de préciser (ne serait-ce que dans un élan d’objectivité) qu’une fois ce plan élaboré ; je ne pouvais être en mesure de l’imposer n’étant ni Ministre ou encore moins Secrétaire d’Etat.

Sachez que je regrette également à ce jour que notre plan reste en grande partie dans les tiroirs mais contrairement à Philippe Chazal, je demeure encore habiter par l’espoir. C’est cet espoir, cette conviction en la force de ne jamais cesser de croire au possible, qui ont forgé ma vie et mes quarante ans de carrière médiatique.

Je peux dire aujourd’hui que dès le début de mon accès aux médias (tremplin que j’ai franchi seul) j’ai eu bien peu de soutien, de chaleur de considération de ceux de qui j’attendais tellement ; je veux parler d’un certain nombre de déficients visuels. A présent, je ne leur en veux pas du tout. Je me suis toujours battu et je continuerai d’ailleurs à le faire envers tous ceux qui nous pensent encore dans les ténèbres afin que contre toute attente, nous soyons enfin en pleine lumière.

Je tiens à rappeler à ceux dont la mémoire serait un peu trop courte, qu’il y a 30 ans ; j’ai été le premier aveugle et ce sans titre ni couronne à crier le besoin que nous avions de disposer de feux sonores au même titre qu’un peu plus tard, je dénonçais déjà le coût prohibitif des aides techniques.

A cette époque, que disaient les associations ? Je me souviens, d’ailleurs, que Monsieur le Président du CNPSAA trouvait mes revendications un tantinet utopique, tout comme le jour où dans les médias j’ai osé avancer l’idée, jusqu’alors impensable, que les déficients visuels puissent enfin accéder aux d.a.b. de façon autonome. Je me suis battu pour cela pendant 15 ans ! J’ai ouvré, malgré tout, pour que le CNPSSA soit présent à mes côtés dès que l’une des firmes constructrices d’automates bancaires m’eût laissé entrevoir la possible accessibilité vocale de leur machine.

Quant à l’audio description … j’ai beaucoup aimé le « pour être honnête » de Monsieur Chazal. En effet, si l’audiodescription était déjà entreprise depuis une dizaine d’années grâce à l’excellent travail de Patrick Saonit et de son équipe au sein de l’Avh ; il s’avère qu’il fallait déflorer le sujet au sens large du terme et c’est pourquoi j’ai, au cours de l’élaboration du plan handicap visuel, pris attache avec les différentes hautes instances télévisuelles qui entendaient parler pour la toute première de l’audiodescription.

TF1 et le Csa, en la personne de leurs Présidents, ont tenu à assister à une projection que j’ai souhaitée dans les locaux de l’Avh afin de rendre hommage au travail déjà accompli duquel ils ont été très impressionnés. C’est à partir de ce jour qu’il a été porté au cahier des charges du CSA l’intelligente obligation pour les chaînes faisant de plus de 2 % d’audience ; d’audiodécrire leurs programmes grand-public.

Par ailleurs, si j’ai pris la décision en Août 2010 de démissionner de ma fonction de Secrétaire National en charge de l’handicap auprès de l’UMP c’est que je n’étais pas en position d’imposer, mais de proposer. Je ne me dédouane donc, en aucune façon, de quoi que ce soit, et bien au contraire, dans un souci d’honnêteté et de liberté que les membres dirigeants de la majorité présidentielle comprennent tout à fait ; je resterai en droite ligne à la recherche d’idée innovante pour notre communauté.

Enfin, devrais-je vous rappeler que j’ai toujours su être à vos côtés pour avoir mis en place la gratuité des renseignements téléphoniques, l’installation des factures EDF en braille, l’étiquetage en braille de certaines bouteilles, vous soutenir dans le conflit au sujet des retraites et tout récemment mon implication pleine et entière dans l’accessibilité vocale des décodeurs Orange-TV fin 2011.

Alors d’accord ! Le temps pour célébrer quelque anniversaire n’est pas encore là… mais dans l’immédiat, j’ai tout de même envie de me faire plaisir et renvoyer ce fameux gâteau (dont je devrais être privé) sur le visage de l’incompréhension et de la méchanceté.

La cécité la plus grave n’est-elle pas celle de l’esprit ?

Gilbert Montagné

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Le 2 juin 2008, Xavier Bertrand – alors Ministre en charge du handicap – et le chanteur aveugle Gilbert Montagné constataient que l’application de la loi de 2005 sur le handicap «exige des adaptations pour tenir compte de la spécificité des besoins de certains handicaps». Ils annonçaient donc, haut et fort, l’adoption d’un « plan déficients visuels 2008-2011 ». Suivant ce qui semble être devenu la griffe de la gouvernance actuelle, après les roulements de tambour et effets d’annonce, rien du tout ou si peu de choses… Nous relayons ici une tribune de Philippe Chazal, président de la CFPSAA, ainsi qu’un appel à manifester le 8 juin de la Fédération des Aveugles et Handicapés Visuels de France.

Photo montage : la boîte à gifles - jean-marc plumauzille

Boîte à gifles

Les 22 mesures de ce plan 2008-2011 «pour une intégration pleine et entière des personnes aveugles et malvoyantes à la vie de la cité» (PDV). avaient pour ambition de permettre à ces personnes d’exercer l’ensemble des droits reconnus à tous les citoyens et notamment ceux de vivre :

– dignement avec le handicap,
– de façon autonome,
– pleinement leur citoyenneté.

Nous y avons cru ! Comptant tant sur les engagements du Ministre que sur la notoriété du chanteur pour faire avancer les choses. Le 14 janvier 2009, un premier Comité de Suivi auquel la Confédération Française Pour la Promotion Sociale des Aveugles et des Amblyopes (CFPSAA) participait, se réunissait. Ce fut le seul !

Pour justifier leur inaction, nos interlocuteurs invoquèrent la crise économique, les changements de ministres et les lenteurs de l’administration : rien que de faux prétextes. En fin d’année 2010 Gilbert Montagné quittait subrepticement son poste de Secrétaire de l’UMP en charge du handicap, pensant peut-être se dédouaner ainsi de toute responsabilité.

Des lots de consolation

Soyons honnêtes, reconnaissons que depuis trois ans l’audiodescription, l’accès aux livres, l’étiquetage des médicaments et des produits de consommation courante ont progressé, c’est sans doute par ce qu’ils étaient sur la table bien avant la parution du PDV !

Des promesses qui ne sont que du vent

Nous ne reprendrons pas ici les 22 mesures attendues, financées, en un mot promises dans un délai de 3 ans. Les plus emblématiques devaient permettre aux quelques 60.000 personnes aveugles et aux 270.000 malvoyants profonds de «vivre mieux avec leur handicap». Rien n’a été fait, elles devront «continuer à galérer», tout simplement. Citons les déceptions les plus criantes:

– Améliorer la prise en charge des personnes âgées qui deviennent malvoyantes: mesure 7. Bien au-delà de la simple application du PDV, cette amélioration aurait dû résulter de la mise en œuvre de la loi 2005 sur le handicap qui prévoit sans ambiguïté la disparition totale des barrières d’âge pour l’attribution de la Prestation Compensatrice du Handicap (PCH), dans un délai de cinq ans après la promulgation de la loi. L’Etat, pourtant garant de cet engagement, refuse de s’y soumettre. Pire, une Ministre n’hésite pas, lors de réunions publiques, à menacer les personnes handicapées de perdre leurs avantages si elles persistent à réclamer l’entrée en vigueur de ce texte. La CFPSAA a déposé un Recours pour Excès de Pouvoir devant le Conseil d’Etat en juin 2010.

– L’emploi des déficients visuels, tant au sein des Administrations que des entreprises privées, (mesure 11) n’a jamais été aussi catastrophique: l’Etat se désengage vis-à-vis des organismes créés pour faciliter l’emploi des personnes handicapées. L’inaccessibilité de la plupart des sites publics et de certains logiciels libres utilisés sur les lieux de travail freine l’embauche et même le maintien dans l’emploi des déficients visuels. Depuis 2005, les employeurs préfèrent, pour respecter la loi, engager des personnes atteintes d’un handicap léger, ce qui exclut, de fait, aveugles et malvoyants profonds. Au lieu de progresser, on recule !

– En matière d’accessibilité, si l’on constate une certaine amélioration de la sécurité dans les transports pour les déficients visuels (mesure 14) grâce à l’application de normes européennes et à l’engagement de certains partenaires (SNCF, RATP…), il n’en va pas de même pour les aménagements de la voirie et des espaces publics: la multiplication de pistes cyclables à contresens dans les rues à sens unique, et de celles qui, de plus en plus souvent, empruntent les trottoirs, aggrave encore nos difficultés de circulation. Mais une menace plus sérieuse se profile: depuis plus d’un an, la CFPSAA s’investit pour sensibiliser les Pouvoirs Publics et les constructeurs de véhicules électriques à la nécessité de sonoriser ces derniers, faute de quoi les personnes aveugles qui se repèrent au son du flot du trafic risquent de ne plus pouvoir circuler seules.

– Rien de fait non plus dans le domaine de la formation d’’instructeurs en locomotion (mesure 15) et d’éducateurs en activité de la vie journalière (mesure 18), autant de vœux pieux, sans le moindre début de commencement d’action pour aller dans ce sens. Si ce n’est un dossier que prépare la CFPSAA pour demander l’inscription de ces professions au RNCP, il lui en a déjà coûté plus de 20.000 euros !

– Encourager le recours à une aide animalière : mesure 5. Bien que 150.000 Euros aient été prévus pour réaliser cette mesure, elle est restée lettre morte. Faute d’information, les professionnels refusent encore de laisser le maître et son chien accéder à tous les lieux publics; la commission chargée de labelliser les écoles de chiens guides, et ainsi de garantir la qualité de la formation de l’animal, ne s’est plus réunie depuis le 5 juin 2009, elle devait le faire au moins une fois par an; la seule campagne d’information sur le sujet a été initiée, sans aucune aide publique, par une association membre de la CFPSAA.
– Les appareils de la vie quotidienne vocalisés (mesure 17) se comptent toujours sur les doigts de la main, et les 114.000 Euros prévus pour améliorer ce secteur se sont volatilisés! Gageons qu’ils n’ont pas été perdus pour tout le monde !

– Améliorer l’accès aux aides techniques (mesure 4). Un monopole à la limite de la légalité maintient les prix des aides techniques à un niveau inacceptable de sorte que les fonds départementaux de compensation, lorsqu’ils existent encore, ne peuvent atténuer le «reste à charge» financé par les utilisateurs. Un logiciel JAWS coûte plus de 1.500 Euros, une plage braille quelques 5.000 Euros, le montant de la PCH pour financer ces aides est limité à 3.960 Euros sur une période de 3 ans. Le PDV n’a rien changé.

– La mesure 22 prévoyait enfin de «mettre Internet au service de l’autonomie des personnes déficientes visuelles»: c’est hélas, de plus en plus souvent, le contraire qui se produit. Les sanctions prévues à l’encontre des contrevenants publics ou privés aux dispositions législatives régissant l’accessibilité des sites se sont transformées en simples incitations, ôtant ainsi toute portée à ces dispositions. Les sites publics (CNAF, Pôle Emploi,…) restent inaccessibles, les logiciels (Open Office) très employés dans la Fonction Publique demeurent inutilisables par les déficients visuels malgré nos demandes réitérées auprès du Ministre en charge de ce secteur.

Privés de gâteau

Dans ces conditions, les 31 associations qui composent la CFPSAA ont unanimement décidé de ne pas fêter, le 2 juin prochain, un anniversaire aussi désastreux. Xavier BERTRAND et Gilbert MONTAGNE seront privés de gâteau, mais surtout les déficients visuels, une fois encore, ne pourront que constater qu’on les a payés de mots! Pour la CFPSAA, le constat est amer et le temps des naïvetés passé. Cet échec pèsera sur la Conférence Nationale du Handicap du 8 juin prochain en présence du Président de la République, mais aussi et surtout dans les mois qui viennent qui, n’en doutons pas, seront riches en promesses.

Philippe CHAZAL
Président de la CFPSAA

Appel à manifester le 8 juin, à l’occasion de la Conférence Nationale du Handicap

La Fédération des Aveugles et Handicapés Visuels de France adressait le 27 mai un courrier à ses membres, les invitant à se retrouver le 8 juin prochain, devant le Centre Georges Pompidou, à l’occasion de la Conférence Nationale du Handicap, pour affirmer leur détermination à construire une France accessible à tous. «Faut être nombreux aujourd’hui pour être bien vus !», slogan qui fait un clin d’oeil à la campagne de communication choc lancée par la Fédération en début d’année sur le thème “Faut être qui aujourd’hui pour être bien vu ?”… La FAF compte aujourd’hui sur toutes les associations amies pour mobiliser adhérents et sympathisants.

Mercredi 8 juin 2011
14h00 à 18h00
Place Stravinsky
(face à l’entrée des officiels, dos aux statues de Nicky de Saint Phalle)

Melle Julie Bertholon de la Fédération des aveugles de France coordonne cette action. Nous vous remercions de bien vouloir lui communiquer le nombre, les noms et prénoms des participants et préciser si ces personnes sont déficientes visuelles ou guides, par courriel, avant le 3 juin, à l’adresse : j.bertholon@faf.asso.fr

Pour un panorama complet du cadre légal entourant l’audiodescription, consultez notre page Cadre Légal.

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Six ans après la loi de 2005 – n’intéressant certes pas que l’audiodescription mais qui fait partie du cadre juridique dans lequel elle s’inscrit –  destinée à aider les personnes handicapées à s’intégrer dans la société, la situation est « contrastée », a déclaré la secrétaire d’Etat aux Solidarités Marie-Anne Montchamp, à Bordeaux, à l’ouverture du congrès de l’Association des paralysés de France (du 4 au 6 mai 2011, 27.000 membres).

« Force est de constater que l’esprit d’inclusion sociale porté par la loi du 11 février 2005 n’a pas encore pénétré toutes les strates de notre société », a-t-elle déploré lors de ce 41e congrès de l’APF centré, selon son président Jean-Marie Barbier, sur « le choix d’une société inclusive pour tous ».

« Six ans après la loi », a déclaré Mme Montchamp, qui avait « porté » cette loi sous l’impulsion de Jacques Chirac, la situation est « contrastée, marquée par des progrès, dont certains sont majeurs, mais elle est aussi entachée par la persistance de difficultés que les avancées mettent paradoxalement en lumière ».

Elle a évoqué de « réels obstacles » en matière d’accessibilité et des « réticences et crispations du milieu scolaire et des familles d’autres élèves » face à l’accueil réservé à l’école aux enfants handicapés.
« L’accès à l’emploi et la promotion professionnelle sont freinés par le faible nombre de personnes handicapées qui bénéficient réellement des dispositifs de formation », a ajouté la secrétaire d’Etat: à peine 1% des contrats en alternance, 0,7% des contrats d’apprentissage, 1,8% des contrats de professionnalisation sont passés avec ces handicapés.

Pacte 2012 de l’APF
Marie-Anne Montchamp s’est en revanche réjouie que « certains paris » de la loi aient été relevés en matière d’emploi. Le nombre d’entreprises n’employant aucun travailleur handicapé a chuté de 78% depuis 2005, a-t-elle dit.
Elle s’est également félicitée que près de 200.000 enfants handicapés aient été inscrits à l’école à la rentrée 2010, soit deux fois plus qu’en 2005.
Elle a souligné que le président Sarkozy avait « tenu son engagement de revaloriser » l’allocation adulte handicapés de 25% en quatre ans.

Concernant une modification du mode d’attribution de cette allocation, qui provoque la protestation des syndicats et d’associations de personnes handicapées, Mme Montchamp a indiqué que « rien n’est définitif » sur cette question et que « tout reste à faire ».

Le président de l’APF, Jean-Marie Barbier, a souligné  « le sens de ce congrès sur le choix d’une société inclusive pour tous ». « Notre société est excluante pour beaucoup de catégories de population et le handicap est en ce sens exemplaire », a-t-il estimé, précisant que l’APF voulait « bouger les lignes » et être « un accélérateur » pour que « les choses changent ».
Il a annoncé qu’un « pacte 2012 » comprenant 12 engagements serait dressé par les congressistes et proposé à la signature des candidats à la présidentielle et aux législatives.

L’APF réclame notamment un « revenu d’existence incontournable » sinon « les personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler sont condamnées à vivre toute leur vie 25% au-dessous du seuil de pauvreté », a ajouté M. Barbier.

Pour aller plus loin
> Consulter le dossier de l’Assemblée nationale sur la loi de 2005.

>Rapport de Patrick Gohet, secrétariat d’Etat à la Solidarité : « Bilan de la loi du 11 février 2005 et de la mise en place des maisons départementales des personnes handicapées », août 2007

Pour un panorama complet du cadre légal entourant l’audiodescription, consultez notre page Cadre Légal.

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L’article de Jeanne Portal –  au titre évidemment provocateur et écrit à l’occasion du 2ème Festival de l’Audiovision se déroulant actuellement à Créteil – revient sur le pourquoi et le comment du procédé, et pointe du doigt le manque d’intérêt du monde du cinéma, à l’heure du numérique qui rend pourtant l’audiodescription bien plus abordable… Les articles relatifs au 2ème Festival de l’Audiovision sont regroupés dans notre page Médias.

Photo : un casque devant les yeux (Nicolas Larzul/Flickr/CC)Le cinéma n’est pas fait pour les aveugles. C’est la vérité inavouée des propriétaires des grandes salles et des producteurs qui excluent bien trop souvent les malvoyants de leur programmation.

Malgré quelques avancées législatives, principalement à la télévision, dues à des directives fortes émises par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en octobre, les choses évoluent encore trop lentement au cinéma.

Alors qu’on estime à 6 000 le nombre de non-voyants et à plus d’un million celui des malvoyants (moyens et profonds), seulement une dizaine de salles françaises proposent, ponctuellement, des films « audiodécrits ». […]

Pour promouvoir cette technique, qui permet au passage à des voyants et des non-voyants d’aller ensemble au cinéma, l’AVH organise du 4 au 11 mai 2011 à l’UGC Ciné-Cité de Créteil le deuxième Festival du film en audiovision Valentin Hauy.

L’occasion de rappeler combien l’accès à la culture et au divertissement des personnes aveugles et malvoyantes reste lacunaire. Patrick Saonit, responsable du service audiovision d’AVH :

« Excepté nos initiatives, il y a dans toute la France, seulement deux à trois séances par semaine. On accuse un vrai retard par rapport à des pays comme la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, qui ont déjà équipé presque tous leurs cinémas à l’audiovision. » […]

Patrick Saonit veut aussi sensibiliser les professionnels du cinéma :

« Les malvoyants représentent un public assez nombreux et intéressant pour les producteurs et propriétaires de cinéma. Nous sommes nous-mêmes très surpris par l’afflux de spectateurs, notamment en province. Pour le film “Rien à déclarer”, de Dany Boon, projeté à Roubaix, 125 malvoyants sont venus à la première séance. »

D’autant qu’avec l’arrivée des projecteurs numériques dans les salles, les cinémas français n’ont plus d’excuses :

« Jusqu’à présent, le matériel était cher. Mais avec le numérique, l’audiodescription pourra être accessible dans toutes les salles pour quelques centaines d’euros. Les propriétaires des cinémas n’auront besoin d’aucun matériel, seuls les casques devront être achetés. Il faut compter entre 50 et 300 euros par casque. »

Lire l’intégralité de l’article sur Rue89 (comprenant des exemples audio et vidéo d’audiodescriptions).
À voir également les autres articles que Rue89 a consacré à l’audiodescription : « Télé pour aveugles : que voit-on quand on écoute un film ? » et « Audiodescription et films X ».

Source photo : « Un casque devant les yeux », Nicolas Larzul/Flickr/CC

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